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    Anatomie d'un article généré par Claude Haiku : nos réglages

    Système prompt, longueur cible, structure forcée, anti-hallucination. Les paramètres concrets utilisés en production.

    Par L'équipe delapresse10 février 202610 min de lecture

    Claude Haiku 4.5 est le modèle par défaut de delapresse pour la réécriture. Plutôt qu'un discours marketing, voici exactement ce que nous passons en paramètre quand vous lancez une génération d'article sur ce modèle. Démystifie le « secret » du prompt système et donne à un éditeur exigeant les leviers concrets pour ajuster sa voix.

    Le prompt système

    Le prompt système est composé de cinq blocs concaténés à la volée à chaque appel : ligne éditoriale du site, instruction de tâche, structure attendue, vocabulaire interdit, source explicite. La ligne éditoriale est lue depuis website_settings.editorial_brief au moment de l'appel, ce qui permet de modifier la voix sans redéployer. L'instruction de tâche varie selon la catégorie : « rédige une dépêche de 350 mots, ton neutre » pour un sport ; « rédige une analyse de 800 mots, structure h2/h3 » pour une politique régionale ; « rédige un compte rendu de 500 mots, ton institutionnel » pour un conseil municipal.

    La structure attendue est imposée explicitement. Pour une dépêche : intro 2-3 phrases, corps 4 paragraphes, paragraphe de contexte, paragraphe de citation si disponible. Pour une analyse : intro problématique, 3-4 h2 avec h3 sous-jacents le cas échéant, conclusion ouverte. Le modèle obéit dans 96 % des cas, mesuré sur 1 200 articles delapresse en production. Les 4 % restants relèvent généralement de prompts contradictoires entre la charte et l'instruction de tâche (charte éditoriale et IA).

    Le vocabulaire interdit

    Claude Haiku, comme tous les LLM, a des tics. Les nôtres bannis par défaut : « il convient de souligner », « il est important de noter », « en somme », « pour conclure », « à l'heure où ». Liste éditable par site. Sur un site régional sérieux, on ajoute aussi « décrypter », « zoom sur », « focus », « ce qu'il faut retenir », « on vous explique tout ». Ces tournures trahissent immédiatement l'origine SEO clickbait et déclassent éditorialement votre site.

    Le modèle respecte la liste si elle est passée en début de prompt système, pas en fin. Au-delà de 20 mots interdits, la qualité du texte chute (le modèle évite mais devient maladroit dans ses contournements). Limitez à 12-15 termes essentiels, ajustez tous les six mois selon l'évolution du langage public.

    La source explicite

    C'est le point le plus critique pour éviter les hallucinations. Le prompt inclut le texte intégral de la source d'origine (article original récupéré du flux RSS ou scraping), précédé de la mention : « Tu réécris exclusivement à partir de cette source. Aucun fait, chiffre ou citation qui n'apparaît pas explicitement dans cette source n'est autorisé. »

    Cette consigne ne supprime pas totalement les hallucinations (taux résiduel ~0,8 % sur Haiku 4.5), mais réduit massivement par rapport à un prompt sans source explicite (~6 % d'hallucination). Combiner avec une étape QA dédiée pour atteindre 0,1 % résiduel.

    La source est passée en clair, sans HTML, après extraction par notre parser. Les commentaires, les éléments de navigation, les pubs sont strippés. Le modèle ne reçoit que le contenu éditorial pur, ce qui réduit le bruit et améliore la cohérence.

    Les paramètres techniques

    • Modèle : claude-haiku-4-5-20251001
    • Temperature : 0.4 (plus bas = plus déterministe, mais étouffe la voix)
    • Max output tokens : 1 200 (cap pour éviter les dérives en longueur)
    • Top P : 0.9 par défaut
    • Stop sequences : aucune
    • System prompt cache : activé (économise 90 % du coût input sur les appels successifs)

    À temperature 0.4, deux générations sur le même prompt produisent des textes proches mais variés. À 0.2, les textes deviennent répétitifs et le score QA chute. À 0.7, l'originalité monte mais les hallucinations doublent. Le 0.4 est le sweet spot mesuré sur 4 000 articles delapresse.

    Le system prompt cache mérite une explication : Anthropic permet depuis 2024 de marquer une portion stable du prompt système comme cacheable. Les 90 % du prompt qui ne changent pas entre articles (charte, vocabulaire, structure) ne sont plus refacturés à chaque appel, ce qui divise par dix le coût d'entrée du modèle et permet de tenir un tarif stable de 3 crédits par article Haiku (coût réel d'un article).

    La longueur cible

    Pour la cadence, 350-450 mots est l'optimum. C'est suffisant pour avoir un article SEO-crédible (Google ne valorise pas en dessous de 300 mots), assez court pour le mobile, et le coût en tokens reste contrôlé. Pour une analyse, viser 800-1200 mots. Au-delà, passer à Sonnet ou Opus (routage modèles).

    Une dérive fréquente : demander 600 mots et obtenir 850. Haiku tend à être généreux. La parade : ajouter dans l'instruction « strictement entre 350 et 450 mots, refus de dépasser » et activer le post-traitement qui tronque si le seuil supérieur est dépassé. Sur les sites delapresse, ce post-traitement coupe en moyenne 3 % des articles, principalement en fin de paragraphe.

    Le post-traitement

    Avant publication, l'output Claude passe par trois étapes. Nettoyage des artéfacts (signatures style « En tant qu'assistant », répétitions de titre dans le corps, balises markdown malformées). Validation de structure (présence des h2 attendus, paragraphes de longueur cohérente, absence de bullet point unique isolé). Génération de slug SEO à partir du titre, avec déaccentuation et limite à 70 caractères.

    Le slug ne change jamais après la première publication : c'est l'invariant qui garantit la pérennité des URLs (cf. fondamentaux SEO). Une faute dans le slug initial est conservée et le titre est corrigé ; un slug réécrit casserait votre SEO acquis.

    Le journal d'audit

    Chaque appel Haiku produit une entrée dans le journal d'audit : source intégrale, prompt système complet (toutes versions de blocs), modèle exact (date de release), paramètres techniques, output brut avant nettoyage, output après nettoyage, score QA passé par un second modèle, opérateur, horodatage, coût en crédits, coût en tokens fournisseur.

    Conservation : 5 ans minimum, conformément aux exigences ARCOM et CNIL (RGPD et contenu IA). En cas de contestation par un tiers, vous reproduisez la chaîne complète et démontrez que l'article a bien été rédigé à partir de la source légitime.

    Le coût en pratique

    Une dépêche de 400 mots représente environ 1 500 tokens en entrée (source, partie non cacheable du prompt, variables) et 600 tokens en sortie. Elle est facturée 3 crédits, quel que soit le nombre de tokens réellement consommés : le tarif est par article, pas par token, ce qui rend le coût prévisible et couvre la chaîne complète, crawling, déduplication, audit, stockage, support.

    Sans cache de prompt système, le même article coûterait environ cinq fois plus au modèle ; c'est cette économie qui permet de proposer Haiku au tarif de base et de réserver les crédits aux modèles plus chers (Opus, Imagen) sur les articles à enjeu.

    En pratique

    Ces réglages sont les défauts delapresse. Vous pouvez tout surcharger par site ou par catégorie via l'interface admin. Sur les sites delapresse en production, environ 70 % des éditeurs gardent les défauts ; 30 % ajustent surtout le vocabulaire interdit et la longueur cible. Les ajustements rares mais importants concernent la structure attendue : un site lifestyle préfère un h2 toutes les 200 mots, un site juridique préfère un h2 toutes les 500.

    Lisez le comparatif des modèles IA pour situer Haiku parmi les autres choix, et détecter les hallucinations pour les protections en aval de la génération.


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